Prier pour la guérison

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Comment prier pour la guérison sans mettre de limites à la toute puissance créatrice et sans vouloir orienter l’action de Dieu, même inconsciemment ? Tout recevoir et agir toujours selon la volonté de son Père céleste, être vraiment un en Lui. Nous exposer nous-mêmes davantage à la Lumière du Christ et au souffle de l’Esprit afin que les hommes soient guéris.

Comment prier pour la guérison ?

Enseignement de Pierre CHIEUX de Fraternité Pentecôte
 

 

Dans nos familles et relations proches, nous connaissons beaucoup de malades dont des cas tragiques devant lesquels la médecine n’a plus d’autres solutions que palliatives. Ces situations de grand désarroi suscitent de vives demandes de prière.

 

Comment répondons nous à ces demandes de prière ?

Nos façons de réagir à la souffrance et à la mort sont marquées par notre histoire personnelle et par la découverte de l’action de Dieu en nos vies. Or l’expérience de la relation à Dieu et de sa puissance de vie est très diversifiée. La foi avec laquelle certaines personnes s’engagent dans l’exercice de charismes de guérison et miracles bouscule ceux qui en sont témoins. Ne faudrait-il pas que nous plongions dans la prière sans mettre de limites à la toute puissance créatrice et sans vouloir orienter l’action de Dieu, même inconsciemment ? C’est là un chemin où nous ne pouvons avancer que conduits par l’Esprit Saint et avec l’aide de frères en Christ.

 

Naître à une vie nouvelle avec Jésus.

En fait chaque culture, religion et civilisation, a une façon caractéristique de subir, d’affronter, de nier ou de transfigurer la souffrance et la mort. Et en tant que chrétiens vivant en ce monde, nous sommes appelés à toujours discerner en nos attitudes et réactions, ce qui vient de peurs et réflexes inconscients et culturels, et ce qui s’enracine en notre foi, en notre connaissance du plan d’amour de Dieu pour tous les hommes. Mais face à notre propre mortalité, aucune connaissance rationnelle ou pratique ne peut faire le poids. Nous avons besoin de nous appuyer sur une découverte existentielle de la puissance de vie qui jaillit du Dieu véritable. Seuls ceux qui ont, d’une certaine façon, traversé la mort, qui sont revenus de la mort, peuvent affronter les puissances de mort. Cette expérience de mort et résurrection en Dieu nous est proposée par Jésus venu en ce monde pour nous faire connaître l’amour de Dieu notre Père. Lui, fils unique de Dieu, dont la vie est donnée jusqu’à se livrer totalement dans les mains des hommes et à donner son Esprit à tous ceux qui le désirent instamment (Luc 11,13). Entrer en cette expérience de vie divine en Christ est le but de notre initiation chrétienne (baptême, confirmation, eucharistie) chaque jour réactualisée.

 

Entrer en cette vie nouvelle ou se poser des questions.

La connaissance de Jésus semble concentrer toutes les questions que l’homme se pose vis-à-vis de lui-même et des autres hommes comme sujets libres. Jésus guérissait-il en tant que Dieu ou en tant qu’homme ? Et au nom de qui remettait-il les péchés ou demandait-il de ne plus pécher ? C’est sur la base de telles questions que ceux qui voulaient sauvegarder leur propre vision de Dieu et de la religion juive ont rejeté et condamné Jésus. Que craignaient-ils donc ? et pourquoi ne pouvaient ils entendre la réponse toute simple que le Fils de l’Homme lui-même donnait à ces questions ? Il disait ne jamais rien faire de lui-même (Jean 5,19-30) mais tout recevoir et agir toujours selon la volonté de son Père céleste, être vraiment un en Lui. C’est avec cette foi et espérance filiale qu’il est demeuré jusqu’au bout dans l’amour du père, face à la mort la plus violente, au mépris du droit, à la condamnation pour blasphème. Et qu’il a ainsi démasqué toutes les puissances qui asservissent les hommes.

 

Oser donner une parole de vie.

« Veux-tu guérir ? », « Lève-toi, prends ton grabat et marche », « Te voilà bien portant, ne pèche plus, de peur qu’il ne t’arrive pire encore » (Jean 5, 1-15). Voilà les paroles adressées par Jésus au paralytique à la piscine de Bethzatha pour ouvrir en lui la vie. Aujourd’hui les paroles de guérison nous paraissent presque banales dans la bouche de Jésus. Mais ce qui concerne le péché paraît indécent et moralisateur. En fait nous ne sommes pas au clair sur la notion de péché. C’est « manquer la cible » si l’on prend l’étymologie du verbe grec. C’est se couper de Dieu. Mais de quel Dieu ? Une autre façon de manquer le but, c’est de tourner en rond. De tourner autour de son propre ego, comme un tourbillon qui aspirerait tout vers soi. Nous connaissons diverses formes de personnalités de ce type, séduisantes, piégeantes et enfermantes. Elles opèrent souvent de façon cachée sous une cause très motivante, mais finalement destructrice de tout sujet qui s’y livre. Ne pèche plus, sors de tes enfermements et quitte tes idoles, lève les yeux vers Dieu qui te guérit et vers le Fils de l’homme qui est totalement unifié en Lui, son Père. Alors tu connaîtras la parole de vie, sinon tu mourras.

 

Désirer ardemment le feu éternel qui nous purifie.

Jésus a reçu du Père la vie divine, le feu éternel de l’amour gratuit et il donne cette vie à qui il veut, en toute vérité et justice, car c’est là sa mission (Jean 5,19-30). Cette vie nous arrache intérieurement aux forces du mal(in). La vérité et la justice qui se font en nous lorsque nous accueillons l’Esprit saint nous arrachent intérieurement aux forces du mensonge et à toute condamnation. La résurrection, la vie éternelle, c’est de connaître Jésus et le Père. Et de se reconnaitre soi-même en vérité, sans cesse pécheur, se coupant de Dieu et des hommes, mais sans cesse repenti et pardonné. Et d’accepter désormais de tout recevoir et de se recevoir pleinement du Père et de son fils Jésus. Touchés au cœur par le pardon de Jésus - Lui qui a eu le cœur transpercé par notre refus d’entrer dans la compassion de Dieu pour l’homme - nous pouvons désormais aspirer à nous laisser nous-mêmes habiter et conduire par l’Esprit de Dieu, par son souffle et son feu. Et nous rejoignons tous ceux qui aujourd’hui et de tous temps sont devenus disciples du Christ et membres de son corps, de son Église, parfois même à leur insu.

Hâter la pleine manifestation du Messie.

L’Esprit Saint répandu parmi les hommes œuvre à la pleine manifestation du Messie et du Royaume de Dieu, qui est au-delà de tout ce que nous pouvons concevoir. Nous savons qu’en ce royaume, le Seigneur est serviteur, le Prêtre est offrande, le Prophète est Parole vivante. Mais toutes les dimensions de notre être (corps, psychisme, mémoire, esprit…) doivent passer par une mort, une nuit totale pour naître de nouveau et ressusciter en Dieu, en dépendance totale de son Esprit. Ces morts et nuits sont des temps de grands combats. Ne croyons donc pas que nous puissions par nos propres forces entrer en ce royaume, c’est Jésus qui a ouvert ce passage, Lui le premier-né d’entre les morts, et c’est par Lui et en Lui seul que nous pouvons nous y avancer. Le Père et l’Esprit œuvrent à ce que la seigneurie du Christ soit étendue sur tout ce qui existe sur terre et dans les cieux, sur le monde visible et invisible. En effet la manifestation, la gloire, la réalisation cosmique, humaine et divine de cette Seigneurie dépassera notre entendement et nous comblera au-delà de toute mesure. Notre propre mission est d’y croire et d’inviter tous les hommes à entrer en ce monde nouveau, et pour cela à reconnaître et proclamer Jésus comme Seigneur et Sauveur personnel. Et à entrer avec Lui dans un regard et une relation nouvelle avec chaque homme, créé et aimé par Dieu, et avec toute la création appelée à ce renouvellement universel.

Pour quoi nous faut-il prier ?

Pourquoi nous faut-il prier lorsque nous sommes face à la souffrance, à la maladie, à la mort ? En ces situations nous sommes renvoyés à notre propre condition humaine. Et celle-ci, comme le mystère du mal qui ravage notre humanité, ne s’illumine que par le mystère du Christ. C’est en entrant dans la miséricorde du Christ pour tout homme que nous pouvons connaître en vérité quelle est la demande de prière qui nous est faite et qui peut être très différente de celle qui nous est formulée par la personne en détresse. C’est dans l’Esprit Saint, dont l’inspiration jaillit dans le silence de notre cœur, que nous pouvons connaître quelle est la puissance de vie que le Père veut manifester en une situation donnée. A chacun de nous d’avancer dans la foi, non selon un schéma préétabli, ou avec des formules que nous croirions dotées d’un pouvoir magique, ni selon un désir caché de pouvoir ou de vaine gloire. Mais avec la certitude que Dieu seul guérit, donne vie, et qu’à Lui seul revient tout honneur et toute gloire. Chaque fois que nous avançons nous mêmes, dans notre prière et nos actes, en cette foi en la miséricorde du Christ pour tout homme, et en la puissance de vie et de résurrection que le Père lui a donnée, nous contribuons à ce que les cœurs soient touchés par Dieu lui-même.

C’est en nous exposant davantage nous-mêmes à la Lumière du Christ et au souffle de l’Esprit que nous contribuons à ce que les hommes soient guéris et osent s’avancer vers le Seigneur pour mettre toute ténèbre à sa Lumière et entrer dans la Vie.

 

9 mars 2014, Enseignement de Pierre CHIEUX

Site de Fraternité Pentecôte

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