Ton Handicap face aux miens

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Ton Handicap face aux miens : témoignage éloquent d'un des membres du groupe les papillons.

Ton Handicap face à mon "handicap"

 

Ci-dessous, un témoignage éloquent d'un des membres du groupe les papillons.

 

Nous conserverons l'anonymat de cette personne afin de préserver l'intimité de son partage concernant cette conversion de cœur et de vie.

Quel magnifique partage que ce texte qui nous fait comprendre combien le Handicap de quelqu'un nous met souvent face à nos propres limites, à nos "handicaps" de vie, aux "infirmités" de notre capacité à aimer, aux "invalidités" de notre possibilité d'accueillir nos différences.

Un grand MERCI pour les lignes si authentiques de ce témoignage de vie.

 

 

« Ce dimanche, nous avons fêté un anniversaire.
J’ai déjeuné à côté de Matthieu et je voudrais vous partager une partie de nos discussions.

 

Matthieu est handicapé en fauteuil.
Il écrit son parcours et il a un projet : vivre en appartement avec une petite amie valide.

 

Cela peut paraître déroutant.
Moi, valide, qui ai déjà du mal à être à l’aise le temps d’un repas avec une personne handicapée (en gros : je ne sais pas comment m’y  prendre), je n’imagine pas partager ma vie avec un handicapé.

 

Toi, mon prochain handicapé, comment te parler de façon "naturelle" ?
- Je sais que je gagne plus que toi : comment te raconter mes vacances à la montagne (ski cher, location chère, etc.) qui font forcément étalage de ma richesse ?
- Je sais que tu es en fauteuil : comment te partager ma passion de la danse, de l’équitation, alors que tu ne pourras sûrement jamais monter sur un cheval ou te déhancher sur de la salsa ?
- Je sais que tu n’as pas poussé de très hautes études : comment t’expliquer l’entreprise que j’ai montée alors que tu peux juste écrire tes initiales ?

 

Il y a cette petite voix dans ma tête qui me dit :
« Non mais, ***, tu te crois au-dessus des autres ? »

Non. Non, ce n’est pas ça, mais avec n’importe qui d’autre, je pourrais parler de moi librement, sans m’autocensurer… Et le fait de devoir "m'autocensurer" me paralyse, me bloque.

 

Voilà, le problème est là : c’est d'imaginer que de partager ma vie, telle qu’elle est, avec Matthieu, ce serait lui donner des gifles arrogantes en le renvoyant à tout ce qu’il n’est pas, n’aura pas et ne connaîtra jamais.

 

Pourquoi cette réaction, ces projections de mon imaginaire ?
C’est humain, c’est un manque d’humilité, ou c’est surtout que j’anticipe une probable réaction de la personne handicapée qui me donne toutes les excuses pour rester confortablement avec d’autres, avec qui j’imagine être au même niveau (financier, de handicap, ou autre).

 

J'ai réalisé que c'était de l’auto-exclusion que de s’autocensurer comme ça et de s’exclure d’une belle tranche de vie avec Matthieu.
Peut-être que j'ai touché du doigt que mon "handicap à moi " était là.

 

D’abord, je voudrais vous dire que j’ai beaucoup partagé avec Matthieu aujourd’hui.

C'est un garçon très intéressant, on a plein de valeurs communes.
Je ne lui ai pas parlé de mes vacances, de mes passions ou de ma boîte, non par autocensure, mais parce que nos conversations ont tout de suite été vraies, sans besoin de  passer par ces banalités qui posent une personne sur tel ou tel étage.

 

Parler nous a permis de mieux nous connaitre, de mieux le connaître.
Je suis sûre qu’on aura d’autres occasions de parler de tout ça sans que cela ne donne de claque à qui que ce soit.

 

Matthieu est sur l’écriture de son parcours (il s’en sort très bien au clavier, et toc ! pour le stylo).
Il a un ami qui a exactement le même handicap que lui et qui a une petite amie valide.
Comme c’est lui qui a  le permis et pas elle, c’est lui qui l’amène à sa formation et va la rechercher… 

 

Cela prouve à quel point le handicap dépend du regard qu’on porte sur lui, et quand il y a de l’amour, l’équilibre est évident !

 

Au fait : c’est moi qui me suis pris une bonne claque aujourd’hui.

L’anniversaire d’aujourd’hui, c’est une grande famille qui se réunit autour de chansons, de beaucoup d’amour et de complicité.

Cela me fait réfléchir à toutes ces fêtes qu’on n’a pas faites en l’honneur de l’un, de l’autre, parce qu’on n’a pas pris le temps de les préparer, d’inviter, de se poser pour marquer le coup.

Sous quelle excuse… on en trouve toujours, sauf un jour comme celui-ci ! »

 

Que le Seigneur bénisse notre Papillon et notre frère Matthieu qui ont pu grandir ensemble et avancer l'un et autre, et l'un grâce à l'autre, par cette différence qui fait de nous des êtres complémentaires sous le soleil de Dieu.

 

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