Le pape s’en va, et personne ne l’avait vu venir ! Article d'Edmond Prochain

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Lu le 11 février 2013 sur le blog d'Edmond Prochain, jeune journaliste catho, (à la racine du "Cathologue", une série qui passait sur KTO)

Le pape s’en va, et personne ne l’avait vu venir

On pourrait presque dire : Sans surprise, ce fut la surprise. La capacité à déjouer les pronostics, le peu de cas que ce pape aura fait des étiquettes qu’on cherche à lui apposer. La liberté, en somme.

Quelle magnifique leçon nous donne aujourd’hui Benoît XVI… On peut aimer ou pas l’homme, le théologien, le pontife, ce geste audacieux marquera légitimement les esprits. Il y a même tout pour émouvoir dans ce départ, et les mots qui l’accompagnent. "Après avoir examiné ma conscience devant Dieu, à diverses reprises, je suis parvenu à la certitude que mes forces, en raison de l’avancement de mon âge, ne sont plus aptes à exercer adéquatement mon ministère." Si seulement nous étions parfois capables d’en dire autant…

Les mots sonnent juste, la démarche sonne juste. Oserai-je le dire, au risque de ne pas être compris ? Je l’espérais un peu. Je n’espérais pas son départ, mais plusieurs fois déjà je me suis pris à rêver d’un acte aussi fou et aussi libre, pour clore un pontificat dont les commentateurs vont avoir tout le loisir d’analyser les imprévus (nombreux).

Tenez : le 27 décembre dernier, j’échangeais quelques mails avec un ami journaliste (Jean Mercier, pour ne pas le nommer). Nous parlions de l’année à venir, de ce qui pourrait nous attendre. Jean plaisante : "Un conclave ?" et je renchéris : "Un conclave avec un pape honoraire, ça va être quelque chose !" De ce bref échange est né une conversation beaucoup plus approfondie, durant laquelle Jean m’a demandé si ce n’était que de l’humour ou si je le pensais. En fouillant dans ma boîte mail, voici la réponse que je lui ai faite alors :

"En fait, je n’en sais strictement rien. Ce serait un très gros débat, et j’y réponds par une vague intuition, par trop légère !…

Mais ce que je crois profondément, c’est que Benoît XVI est un pape qui peut encore nous surprendre. Et au fond, je ne serais pas étonné que ce soit lui – le "pape réac" – qui fasse le pas de démissionner, s’il devait se rendre compte qu’il n’a plus la force de diriger l’Eglise. Il en serait bien capable, même si je suis tout autant convaincu qu’il ira jusqu’au bout de ce que ses forces lui permettent…"

Pour un peu, je n’aurais pas grand chose à dire de plus aujourd’hui que ces quelques lignes d’hier.

Si je raconte cela, ce n’est pas pour faire celui qui avait eu l’intuition de ce qui se passe aujourd’hui. C’est pour manifester l’émotion qui a été la mienne en découvrant l’information ce matin : d’abord, comme tout le monde, je suis resté incrédule devant mon écran, n’osant croire ce qui était en train de se passer. Benoît XVI annonçait sereinement qu’il renonçait à son siège, qu’il était arrivé au bout des forces qu’il pouvait mettre au service de sa mission. Quelle humilité, quand on y pense, dans un monde où tout le monde cherche sans cesse une place, ou s’accroche à la sienne ! Dire : Je suis trop vieux, je n’en suis plus capable, je me retire. Et pas n’importe comment : pas dans le monde, où il deviendrait bien vite "le prédécesseur", véritable poison pour le pape que nous aurons à l’issue du carême, celui qu’on viendrait encore consulter et qu’on chercherait à opposer au nouveau ; non, il se retire dans le secret, pour finir sa vie en silence et en prière.

Autant j’ai admiré la force de Jean-Paul II qui a voulu tenir jusqu’à l’extrême bout de ses forces, autant je suis époustouflé par ce courage, à mes yeux plus grand encore, de celui qui s’en va sereinement. Du premier au dernier jour, le style de Benoît XVI se sera donc opposé à celui de son prédécesseur, comme deux visages d’une même foi incarnée : forte et douce. Le roc et l’argile.

Si on m’avait demandé hier quelle image je pensais devoir retenir de Benoît XVI, j’aurais probablement cité le pape debout aux Quatre-Vents, à Madrid,pendant la tempête. Il est évident que l’image du vieil enseignant qui quitte la salle tranquillement une fois son travail accompli sera plus forte encore.

Merci, cher père. Priez pour nous; nous prierons avec vous.

 

Edmond Prochain

Word Press, 11-02-2013

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