La tempête apaisée

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« La Tempête apaisée »

 

Homélie du 12ème dimanche du Temps Ordinaire – Année B
Marc 4, 35-41


A travers ce récit de la tempête apaisée, et au-delà de l’aspect historique de ces évènements,
nous pouvons faire un parallèle entre ce récit et l’histoire du salut.

Ce récit nous renvoie à l’histoire de toute l’humanité dans laquelle intervient dans les derniers temps, le Christ pour la sauver.


Reprenons ensemble ce récit.

 

« Toute la journée, Jésus avait parlé à la foule en paraboles » nous dit Saint Marc.

Dans l’expression « toute la journée », on peut y voir la durée de toute l’histoire de l’humanité.

Et ce Jésus qui parle à la foule nous renvoie à Dieu qui prépare son peuple pendant tout l’Ancien Testament, à accueillir le Messie, en lui parlant notamment par la voix des prophètes.

 

« Le soir venu » : « le soir » nous renvoie à l’entrée dans les derniers temps de l’histoire de l’humanité, où le Sauveur nous est envoyé.


Jésus, le Fils de Dieu se tient là, au milieu de ses disciples, sur le bord du lac, c’est-à-dire sur le bord de la Galilée, sur la rive juive du lac.
En face, c’est la Décapole, c’est le pays des païens.
Quand Jésus invite ses disciples à passer de l’autre côté de la rive, Il les invite à porter la Bonne Nouvelle du Salut à toutes les nations.
Pour ça, Jésus invite ses disciples à monter dans la barque.
La barque, c’est le symbole de l’Eglise.
Il invite ainsi son Eglise à prendre le large, à passer sur « l’autre » rive.

 

On peut voir ici aussi une invitation à la Pâques, qui est un passage.
Tout comme le peuple élu fut conduit par Moïse et traversa la mer Rouge, Jésus, le nouveau Moïse invite l’Eglise à quitter les rives de l’Ancien testament pour atteindre les rives de la Nouvelle
Alliance.

 

Tout comme les juifs ont quitté l’esclavage des pharaons, Jésus invite ses disciples à quitter l’esclavage du péché, pour atteindre les rives de la vraie liberté.

L’autre rive peut être alors vue comme la rive de Dieu.
Les disciples ne la voit pas bien dans le soir tombant, mais c’est Jésus qui va leur révéler le chemin qui y conduit (Jn 14, 4).
« N’ayez pas peur - leur disait-il - je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ».

 

La barque qui porte les disciples du Christ à travers la tempête nous rappelle l’Arche de Noé qui a permis de sauver Noé et les siens du grand déluge.
Seule cette barque qu’est
l’Eglise, sur laquelle est monté Jésus peut suivre le bon chemin et atteindre le cœur de Dieu.

 

Pourtant, les forces du Mal vont tout faire pour empêcher l’Eglise d’atteindre l’autre rive.

La tempête se lève.
Les forces démoniaques, les forces de mort qui vivent dans la mer, se déchaînent contre l’Eglise.

 

La barque se remplit d’eau, c’est-à-dire que la barque risque de sombrer dans la mort si Jésus, le Sauveur n’intervient pas rapidement.
Mais Jésus dort et reste silencieux. Tout semble perdu.
Cette tempête, c’est la tempête du Vendredi Saint qui s’abat sur Jésus et ses disciples.

 

Ici le sommeil de Jésus est à rapprocher avec la mort du Christ sur la Croix, avec cette heure
où les disciples sont déroutés par la mort de leur maître et ami.
Mais les disciples les plus fidèles de l’Eglise, à l’exemple de Saint Jean et de la Vierge Marie au pied de la Croix, prient ardemment Jésus de venir à leur secours.
Et leur prière est finalement entendue.

Jésus sort de son sommeil.
C’est le moment de la Résurrection du Christ, vainqueur de la mort.

Et c’est par la toute-puissance de cette vie divine qui jaillit de son cœur transpercé, que le Christ fait taire les forces du Mal et de la mort.

 

La tempête se tait subitement. La mort est vaincue.
Embarqués dans l’Eglise dont le Christ est la tête et nous les membres, conduits par l’Esprit-Saint, nous avançons jour après jour, malgré les tempêtes et les combats intérieurs, vers l’autre Rive, vers le bonheur éternel.

 

Nous pouvons relire ce récit en l’appliquant à notre propre vie.
Si nous écoutons nous aussi fidèlement ce que Jésus nous enseigne, et si nous nous laissons toucher par son appel à Le suivre, nous nous lèverons un jour pour passer sur l’autre rive.
Nous choisirons de quitter librement les rives de notre petit confort personnel, de tous nos compromis avec le mal, le péché ; nous quitterons les rives de ce « vieil homme » qui nous tient loin de Dieu, et nous nous embarquerons dans la barque de l’Eglise aux côtés du Christ.

Jésus nous invite constamment à faire ce passage. Il nous invite sans cesse à Le suivre, et à rejoindre avec Lui dès maintenant, dans notre vie de tous les jours, cette rive où nous attend le cœur grand ouvert notre Père du Ciel.
 

Tous ceux qui ont osés faire cette expérience savent que cette traversée ne se fait pas
sans rencontrer des tempêtes, parfois même très violentes.

Mais, si nous croyons vraiment que le Christ est mort et ressuscité, qu’il est vainqueur des forces du Mal, si nous lui prouvons notre confiance en le priant constamment de nous conduire à travers les épreuves, les croix, les souffrances que nous traversons, nous ne devons pas succomber à la peur et au découragement !
Même si bien souvent nous avons le sentiment que Jésus ne nous entend pas, qu’il dort, qu’il reste silencieux devant nos supplications, ne désespérons jamais !

Il est là avec nous, c’est une certitude ; il est toujours là, présent, bien vivant ! Et Il lui suffit de dire un mot, comme sur le lac de Tibériade, pour que les tempêtes qui nous assaillent s’écartent de
notre route immédiatement.

Soyons patients, et surtout confiants : même si l’eau du doute envahit parfois la barque de notre
cœur, Jésus ne nous laissera jamais couler.

C’est lui qui l’a promis.

Je termine par ces mots de St Augustin :
« Ta barque, c’est ton cœur.
Et Jésus dans la barque,
C’est la foi dans ton cœur.
Si tu te souviens de ta foi, ton cœur n’est pas agité ;
Mais si tu oublies ta foi,
Le Christ dort
Et tu risques le naufrage »
Amen.

Père Patrick de VARAX

Merci au Père de Varax
du Pays de Gex

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