BARRE 2013-11-02 Défunts

Homélie du Père BARRE 2013-11-02 Défunts : Commémoration de tous les fidèles défunts.

Commémoration de tous les fidèles défunts

 

Is 25 / 6a. 7-9   Rom 14 / 7-9. 10b-12     Joa  3 / 16-17     

 

          Mes chers frères,

commémoration de tous les fidèles défunts…c’est bien le nom de la fête d’aujourd’hui, comme tous les 2 novembre, chaque année, où l’église universelle « commémore » tous les fidèles défunts.

         Habitués que nous sommes à des fêtes qui ont des noms de saints, ou mieux encore le nom de Jésus, cette fête appelée   « commémoration » pourrait  nous faire penser davantage à une cérémonie du 11 novembre qu’à une fête religieuse...

         Pourtant aujourd’hui il s’agit bien d’une commémoration, c'est-à-dire d’une fête qui nous concerne tous, mais une commémoration où n’est pas  invité un mort  tout particulier… Un mort qui est aimé par chacune de nos familles, à tous, mais qui ne sera pas plus aux uns qu’aux autres.

         Le mort de chacun et le mort de tous : certains diront : il est pour moi comme un frère, d’autres diront : il est pour moi comme un père, certains pensent à lui comme à un fils, d’autres comme à un maître, d’autres comme un ami, un ami unique… un mort que nous avons envie de considérer comme « notre » mort, notre mort à nous, mon mort à moi, pas à toi !

        

         Pourtant, ce mort, si nous ne pouvons pas en faire commémoration c’est pour une simple raison : il n’est plus là comme un mort, il est ressuscité ! Mais ce certain Jésus, mort et ressuscité, nous l’avons pourtant invité ce soir car c’est Lui qui va donner à ce jour de commémoration de tous les fidèles défunts tout ce qu’elle a d’unique et d’universelle.

 

         La présence de ce mort-ressuscité dans notre commémoration de ce soir change tout.

            La mort est passée dans chacune de vos familles avec un visage différent. Mais selon la manière dont elle est passée, la mort a laissé derrière nous un sillon différent  de souffrance ou de paix :

         Pour les uns elle est passée comme une faucheuse, le jour où c’est un jeune qui s’est tué dans un accident, ou qui est mort prématurément.

         Pour d’autres elle est passée comme une voleuse, le jour où elle venait vous prendre la compagne ou le compagnon de dizaines d’années d’amour humain.

         Pour d’autres, osons le dire, elle est passée comme un remède, délivrant le vieillard grabataire que nul médicament n’apaisait plus.

         Pour d’autres, mystère des suicidés, elle est passée comme une invitée qui avait répondu à un appel désespéré

         Pour d’autres enfin elle est passée tout simplement parce que c’était l’heure. La mort est venue  à l’âge où d’habitude on meurt. Comme on ne manque pas l’heure du départ du train, l’heure de la levée du courrier, comme une lampe qui s’éteint faute d’huile. 

         Je pense à ces sillons dans lesquels rien ne semble pouvoir repousser un jour, parce qu’on n’est pas arrivé à les refermer tellement ils avaient été  creusé dans le vif de notre humanité. Il y a des deuils qu’on n’arrive pas à faire

         Mais aussi je pense à ces sillons dans lesquels, avant de les avoir recouvert de terre, on avait pu jeter des graines d’espérance et qui allaient donner des nouveaux fruits. Il y a des deuils qui permettent un recommencement

 

         Frères, si ce soir l’église nous invite à cette commémoraison ce n’est pas pour nier ce que tout homme, croyant ou non, est amené à vivre quand la mort frappe un proche. Nous laissons à chacun d’entre vous le souvenir du deuil qui   l’a touché. Chacun est unique et nul ne peut se mettre à la place de l’autre.

         Mais Jésus nous a laissé des mots d’espérance que nous sommes invités à écouter. Non plus les écouter pour nous tout seuls, à l’occasion du deuil qui nous a frappé, mais à les écouter ensemble. Et l’on sait que ce que l’on écoute ensemble nous le comprenons souvent mieux.

         Car ces mots d’espérance sont à la lettre des mots insensés ! Insensés  parce que notre seule intelligence ne suffit pas pour les comprendre. Ce sont des mots qui réclament notre FOI et aussi des mots qui réclament de les dire  avec AMOUR.

                                                                                     AMEN