BARRE 2013-10-30 Mercredi 30° sem du TO

 

Eph 6 / 1-9      Luc 13 / 22-30                               cf  octobre 2010

 

         L’intransigeance de  ce maître qui n’ouvre pas la porte aux retardataires m’a été longtemps difficile à comprendre.

         D’autant plus difficile que j’ai en mémoire ce qui faisait « le fond de  commerce » de l’évangélisation pour certains vieux curés de mon enfance :

         Peu importe si toute sa vie quelqu’un avait été un vrai mécréant, l’essentiel était de pouvoir le faire monter    « in extremis » dans le wagon de queue de l’église. On se souvient de ces « extrêmes onctions  » sur le lit de mort.

         Ouf ! Il était temps ! Celui qui toute sa vie était resté « sur le quai » avait réussi à sauter dans le train déjà en marche ! A cette époque les portes ne se verrouillaient pas parce que le train était déjà en marche !

 

         C’est tout au long de notre vie que nous sommes invités à prendre place dans l’église de Jésus-Christ.            Et cette place n’est pas la même si nous y montons quand nous sommes enfants,  quand nous sommes adolescents, quand nous sommes en pleine vie professionnelle et familiale, quand nous commençons à vieillir, quand nous sommes en fin de vie.

 

         Dans l’évangile de ce matin, comment prendre positivement  le refus du maître de maison d’ouvrir aux retardataires ? En fait il n’y a pas de retardataires. Il y a par contre des gens qui ne sont pas montés quand c’était le moment. La porte étroite par laquelle il faut passer c’est bien celle que nous devons prendre pour monter dans le train le plus tôt possible.

Que de trains manqués :

         Si un enfant n’a pas été catéchisé, c’est dommage pour lui, car il aura été privé de tout le merveilleux de la Bible.

         Si un jeune n’a pas  fait d’aumônerie c’est dommage pour lui, il aura été privé de la joie que donne l’amitié, l’aventure de Jésus-Christ

         Si un homme ou une femme mariée n’ont pas rejoint les mouvements d’adultes, c’est dommage pour eux, ils auront été privés de la réflexion qui leur aurait permis de vivre leur vie de famille et professionnelle avec plus d’intensité.

         Si un vieillard s’est replié sur lui-même et ses misères sans chercher à en faire une prière, un abandon, une offrande quelconque, hélas pour lui.

        

         L’église serait elle plus généreuse que Jésus ? Elle donne une dernière possibilité de monter dans le train de Jésus « in extremis ».

Imagine-t-on Jésus leur disant « Je ne sais pas d’où vous êtes » à  ceux qui reçoivent l’« extrême onction » ?

         Mais à nous de ne pas jouer avec la miséricorde.

         Cette extrême porte ne s’ouvre que pour les vrais retardataires.

 

                                                                           AMEN