BARRE 2013-10-16 Mercredi 28° sem du TO

Homélie du Père BARRE 2013-10-16 Mercredi 28° sem du TO

Rom 2 / 1-11       Luc 11 / 42-46                                           cf  octobre 2007  et 2011

« Dialogue ou invectives ? »

 

          Quand un texte nous parait insoutenable, parce qu’en fait il est insoutenable tellement il est dur, voire insultant,  une manière de l’exorciser c’est de l’actualiser. L’actualiser pour mieux comprendre comment Jésus n’a pas pu le dire tel quel.

         Imaginez en effet un curé disant dans un sermon :

         « Malheureux vous qui payez le denier du culte mais qui êtes radins comme pas possible pour vos employés »

         « Malheureux vous qui vous présentez aux élections pour avoir les premières places et vous faire appeler Mr le Maire, Mr le député.

         « Malheureux vous qui faîtes repeindre les façades de vos maisons dans lesquelles vous vivez avec vos concubines

         «  Malheureux vous qui verbalisez  les automobilistes et qui vous faîtes sauter les contraventions parce que vous êtes de la police.

 

          Je dis que les phrases de malédiction que nous rapporte St Luc n’ont pas pu être dîtes telles quelles. De même que je ne connais pas de curé qui exhorterait  de la sorte ses paroissiens. 

 

         Pourtant c’est bien ce que Jésus pensait, c’est bien ce que le curé en question pensait. N’aurait-on pas le droit de parler aux gens en disant le fond de notre pensée ?

         Je vois deux manières de lire ce  texte pour le recevoir positivement :

         La première c’est de la lire comme un avertissement et non comme une malédiction. Un peu comme le médecin qui dit à son patient : Attention si vous fumez vous risquez un cancer. Attention si tu te drogues tu risques d’être vieux à 40 ans.

         Mais il y a une autre façon de recevoir ce texte. Jésus n’a pas été tout le temps en conflit avec les pharisiens et les prêtres. Il a discuté avec Nicodème, il a demandé aux lépreux guéris d’aller se présenter à eux. Ce n’est que lorsque ceux-ci ont refusé le dialogue qu’il est devenu plus sévère. Il l’a été avec Caïphe lors de son procès. Mais c’était pour le faire réfléchir et lui permettre d’assumer sa décision. Et c’est Jésus qui allait en porter le prix par sa mort.

         Car le dialogue frontal restera toujours un échec. Un peu  comme la déclaration de guerre par rapport aux négociations.

 

                                                                            AMEN