BARRE 2013-10-13 28° dimanche du T.O

Homélie du Père BARRE 2013-10-13 28° dimanche du T.O

2 Rois 5 / 14-17    2 Tim 2 / 8-13  Luc 17 / 11-19                 ( cf 2007)

« La Foi qui sauve »

 

       Voilà donc 10 lépreux qui, en s’arrêtant à distance de Jésus, acceptent l’exclusion qui les frappe. Ils sont mis de côté par les gens bien portant, mais,  acceptant en quelque sorte leur sort, ils s’excluent eux-mêmes. Ils sont mis à part mais aussi  ils se mettent à part.

 

        Aux siècles derniers, le comportement vis-à-vis des lépreux était à peu près le même. On faisait des léproseries. On mettait à part de peur de la contagion et  les lépreux se résignaient à rester lépreux.

       Si la lèpre a pratiquement disparu en France  De nos jours d’autres maladies tout aussi terribles ont pris le relais et cette prudence a pu toucher à l’atroce. Lorsque le camp d’Auschwitz fut libéré,  les survivants, de peur du typhus, ne furent pas rapatriés aussitôt. Ainsi ce n’est qu’un  an après sa libération que Mme  Simone Veil put rentrer en France. Elle avouait que ce temps d’attente fut presque plus dur que sa captivité.

        Mais on n’est jamais complètement guéri de cette peur de la contagion.  peur de la dissémination de la maladie, on refusait au malade du sida certains postes dans les entreprises ?

        La maladie fait peur. Et, pour se protéger, les gens en bonne santé commencent souvent par exclure celles et ceux qui sont malades.

 

        La maladie faisait peur du temps de Jésus. Mais du temps de Jésus, il y avait pire. Si quelqu’un était lépreux c’est qu’il l’avait mérité. Il était pécheur. Il avait péché. C’était pareil pour les aveugles. Les juifs faisaient toujours un lien entre la maladie et le péché.

 

       Ne disons pas seulement du temps de Jésus. Quand j’entends une phrase comme celle-ci : « Il n’avait vraiment pas mérité cela » n’est-ce pas parce que, inconsciemment, on a fait un lien entre la maladie et la faute ?

       On a vite fait d’accuser celles et ceux qui sont malheureux d’être les acteurs de leurs malheurs.

 

        Eh bien j’ai envie de dire que ce n’est pas si faux que cela. Certes je ne vais pas jusqu’à dire que tous les malades sont des pécheurs, mais pourquoi réclamer que nous sommes toujours sans responsabilité devant les épreuves ?

        Et du coup pourquoi ne pas prier quand nous sommes malades, prier pour demande pardon certes et  prier aussi pour guérir…si Dieu nous l’accorde par grâce

 

       Dans l’évangile de ce jour Jésus va distinguer deux choses. La guérison des corps : les 10 furent guéris. Et la  guérison du cœur et de l’âme pour celui qui est venu rendre grâce.            

           « Relève-toi. Ta Foi t’a sauvé ! »  Jésus ne dit pas « ta foi t’a guéri » mais ta foi t’a sauvé. SOS. Sauvez nos âmes !

        C’est quand le désespoir du marin est absolu et que le naufrage est certain, que le marin lance son SOS. Mais primitivement, le SOS n’était pas lancé dans l’espoir d’un secours humain, mais dans l’espérance du salut de l’âme.

 

        Et du coup,  il peut arriver que la Foi devienne  instruments de la guérison. Ce qu’elle n’est pas au premier abord car la foi est instrument du salut de l’âme.

 

 

    Mais il peut arriver que notre foi soit tellement  forte pour qu’elle obtienne  la guérison : j’ai envie alors de parler de miracle. Dieu en reste toujours le maître.

 

        A celles et ceux qui crient « Pitié » comme les 10 lépreux, et qui pensent au salut de leur corps avant la guérison de leur âme, j’ai envie de dire :

Jésus ne t’en veut pas de lui demander d’abord de guérir ta maladie, Jésus ne  t’en veut pas d’être d’abord l’homme qui souffre, la mère qui crie pour la guérison de son enfant.

       Mais que ton cri ne couvre pas la voix de celui qui te dit : « C’est ton âme   qui est d’abord sauvée et c’est elle que je vais guérir

 

       Mais ne pas rendre grâce, ce serait faire comme les 9 lépreux. Ils ont été guéris certes, mais seul celui qui a dit Merci a été sauvé !

 

                                       AMEN