BARRE 2013-09-19 Jeudi 24° sem du TO

Homélie du Père BARRE 2013-09-19 Jeudi 24° sem du TO

1 Tim 4 / 12-16         Luc 7 / 36-50                               ( cf 2007)

 

Imaginez cette scène qui aurait été filmée, comme une histoire sans parole

 

On voit une magnifique salle, bien décorée. Le pharisien qui a invité Jésus est  là, couché sur un cousin. Il y a déjà du monde avec lui et quand le film montre Jésus qui rentre c’est presque d’une manière inopinée. Le maître de maison  qui avait invité Jésus nommément ne s’est pas levé pour l’accueillir, mais au fond peut-être il ne l’a pas vu rentrer.

 

Il y a du bruit. On imagine le brouhaha des conversations, mais on ne comprend pas ce que les gens se disent. Le film continue.

 

 

Soudain, le brouhaha des conversations cesse. Le silence se fait. Tous les regards se portent vers la femme qui vient de rentrer. L’évangile nous dit « survint » une femme de la ville. Elle n’a pas été invitée. Tout en elle semble à la fois irréel dans ce cadre et, ô combien suggestif et trouble. Le vase de parfum qu’elle porte, sa tenue. Et que dire de son geste. Le parfum qu’elle répand, les larmes qu’elle verse. Et ses cheveux ! Cette parure qui attire tant les regards des hommes et  dont elle se sert comme d’un linge.

 

            Arrêtons la le film. Imaginons ce que chacun peut avoir dans la tête                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 

 

Et d’abord la femme. Pour certains commentateurs elle ne serait pas entrée dans la salle inopinément sans avoir une intention dans la tête : séduire Jésus. En tous cas le mettre en difficulté. Va-t-il refuser ce geste comme si il avait peur de se laisser toucher ?  Sa chair  frémir au moins un peu sous l’effet des caresses et des baisers ?

 

Et les larmes de la femme ?

Est-ce le regret de sentir qu’elle n’a pas vraiment séduit ? Ou est-ce au contraire la première fois qu’elle n’est pas prise pour ce qu’elle est, une séductrice, et qu’elle a pu toucher un homme sans que celui-ci n’ait pas eu envie d’elle et l’ait respectée pour ce qu’elle pouvait devenir : une pécheresse pardonnée ?

 

Le pharisien, qu’a-t-il dans la tête : effectivement rien de bien nouveau. Il n’a pas compris que cette femme pouvait avoir été bouleversée dans son cœur.  Il lui a prêté des intentions qu’elle avait peut-être au début mais qui avaient tellement été chamboulées par la suite.

 

Le film muet devient alors parlant. Jésus va rappeler au pharisien sa propre conduite. Il lui rappelle qu’il ne s’est pas levé pour l’accueillir, mais il ne juge pas ses intentions, il était peut-être simplement distrait quand il est entré au début.

 

 Par contre il lui rappelle qu’il ne doit pas non plus juger la femme sur son geste mais sur ce qu’étaient devenues ses intentions. Du coup ce n’était plus le geste de la séductrice, mais de la pécheresse pardonnée :

 

Il ne lui restait alors que ses larmes qui,  seules,  pourront alors dire comment elle pourra continuer à aimer !                            

AMEN