BARRE 2013-07-04 Jeudi 13 sem du TO

Gen 22 / 1-13. 15-19      Mth 9 / 1-8                                    ( cf  2007 )

 

         En 2007, j’ai du prendre une grave décision. Est-ce qu’il n’est pas prudent que je me sépare, oh, pas de mon fils ou de ma fille, je n’en ai point, mais… de ma voiture.  Eh oui, je mélange quelquefois les pédales et il ne faut pas que je risque la vie des autres, et peut-être aussi la mienne.

J’ai donc pris un couteau, et je m’apprêtais à crever au moins un pneu  pour être sûr qu’il était bon que je me sépare de ma « chère » auto.

Las ! Un bras amical m’a retenu ! Dany m’a dit : « Ne te sépare pas comme ça de ton instrument de travail apostolique.  Le Seigneur a vu quelles sont tes priorités, ne détruit pas ta voiture !

C’est ainsi que, tout autant qu’Isaac qui sort indemne du sacrifice, ma voiture est encore sur ses quatre roues !

 

Bien médiocre comparaison me direz-vous que de comparer le sacrifice d’un enfant à celui d’une voiture. Mais réfléchissons. Ce n’est pas tous les jours que le Seigneur demande de choisir entre la vie d’un enfant et nous ! 

Par contre c’est quasiment tous les jours que nous avons à prendre le couteau, pour choisir entre ceci et cela, laisser ceci pour prendre cela, rester au lit ou venir à la messe, donner priorité à un service plutôt qu’à un autre.

 

Ainsi, le couteau peut régler une grande partie de nos conflits internes. Accepter de tailler dans le vif pour que deux vivants, au lieu de s’étouffer, fassent que deux vivants  puissent se parler, se reconnaître différents et complémentaires.

Ce n’est pas tuer Isaac pour que le Père vive, c’est permettre au père et au fils de  vivre tous les deux. Désormais un rapport nouveau et vivant peut s’établir entre les deux hommes.

 

Jean Claude Guillebaud dans son livre : pourquoi je suis redevenu chrétien, explique que, pour lui, le couteau libérateur, la séparation radicale qui fait qu’il y a un avant et un après dans l’histoire des hommes, c’est Jésus et son église qui l’ont apporté.

Ainsi la proclamation du droit des plus pauvres, la proclamation que tous les hommes naissent égaux, la proclamation du pardon possible, il aura fallu la Parole de Jésus pour séparer le monde d’avant Jésus et l’époque où nous sommes d’après Jésus.

« Je ne suis pas venu apporter la paix, mais la division. » Mais division qui nous permet de lire l’ancien testament comme un appel au second, et nous permet de vivre la libération  du Nouveau avec humilité.                                      Le couteau est passé, non pour  tuer mais pour  libérer.           AMEN