BARRE 2013-06-19 Mercredi 11 sem TO

Homélie du Père BARRE 2013-06-19 Mercredi 11 sem TO

2 Cor 9 / 6-11      Mth 6 / 1-6.16-18                                       cf 2007

 

          En lisant cet évangile, j’ai envie de dire : Seigneur, sois réaliste, au moins un minimum réaliste !

 

          Je me souviens ainsi de la quasi fureur de cette catéchiste de Cadillac. Elle s’occupait des kilomètres de soleil et créait une joyeuse émulation entre les enfants pour être le plus généreux possible. Imaginez alors le choc  quand le curé,  lisant ce même texte un jour de mercredi des cendres, avait exhorté les enfants à ne rien faire de bien si cela devait se voir.

         J’entends encore la pauvre catéchiste vociférer : « Si vous ne créez pas de l’émulation pour les bonnes actions, ils sauront en créer pour les mauvaises »

 

          Imaginez que le Secours Catholique n’ait jamais fait connaître les actions qu’il mène pour les plus démunis, imaginez Mère Thérésa sans que l’on n’ait  rien su de sa charité, imaginez l’abbé Pierre sans aucune couverture médiatique, aurait-ils les uns et les autres pu récolter le dixième de ce qu’ils ont récolté ?

 

          Pourtant. Pourquoi éprouvé-je une certaine gêne, les jours de téléthon, quand un gros industriel vient, devant les caméras, remettre un gros chèque de la part de son entreprise. On ne sait plus ou est la générosité et la publicité….

 

          Pour me rapprocher peu à peu des conseils de Jésus, j’ai un exemple :

          C’était le jour de la quête pour le secours catholique. Dans la corbeille un billet de 50 frs, ce qui semblait normal pour une quête de ce genre,  mais voilà, à l’intérieur du billet plié, bien caché aux yeux de ceux qui avaient fait la quête, il y avait un billet de 1000 !

 

          Les franciscains racontent l’histoire de ce frère lai qui n’avait aucune science humaine à son actif et bien peu de théologie, mais un cœur gros comme çà. Il  était en train de mettre le couvert à la table des pères. Il priait tout haut, croyant que personne ne l’entendait : « Seigneur, fais que je sois un saint, fait que je sois un saint,… et que personne le sache ! »

 

          « Que personne le sache ! » Le petit frère Pascal ne se doutait pas que ça finirait par se savoir, mais à son insu, et sans qu’il puisse en tirer le moindre orgueil.

 

          Non pas à nous, mais à toi, Seigneur, tout honneur et toute gloire.

 

                                                       AMEN