Pastorale de l'Engendrement - Père André Fossion

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La Pastorale de l'Engendrement - Père André Fossion - Messailleurs

Annonce et proposition de la foi aujourd’hui

 

La Pastorale de l'Engendrement. Enjeux et défis.

Par André Fossion s.j.*

 

Nous le savons bien, il y a aujourd’hui un monde qui meurt et un monde qui naît.

Cette mutation socioculturelle de grande envergure touche tous les domaines et affecte bien entendu le christianisme. Forcément, celui-ci est atteint ; il y a aujourd’hui un christianisme qui meurt, mais aussi, nous pouvons l’espérer, un christianisme qui naît. C’est à cette émergence d’un christianisme renouvelé que je voudrais consacrer mes propos, ce matin, devant vous. Ces propos seront, à la fois, humbles, francs et aussi, je l’espère, engageants. Mon exposé sera divisé en trois parties. La première partie prendra la mesure des défis nouveaux et inédits qui mettent en crise la foi chrétienne et sa transmission aux générations à venir. La deuxième partie posera la question de savoir comment vivre spirituellement cette situation de crise ? De quelle spiritualité avons-nous besoin aujourd’hui pour favoriser l’émergence d’un christianisme renouvelé. Enfin, dans un troisième temps, je proposerai trois orientations pastorales qui peuvent contribuer à l’émergence de ce christianisme renouvelé.

1. LA REMONTÉE EN PUISSANCE DE SAGESSES PAÏENNES

1.1. Une double sécularisation : publique et privée.

Le monde occidental européen a connu, me semble-t-il, une double sécularisation.

La première est la sécularisation de la vie publique. Cette sécularisation de la vie publique a été engagée, de manière décisive, dès la fin du XVIII siècle avec la révolution démocratique, l’affirmation des droits de l’homme, le développement des sciences et l’autonomie de la raison philosophique. Dans cette société nouvelle issue de la modernité, la religion ne joue plus, comme dans l’ancien régime, un rôle de fondement ou d’encadrement. En d’autres termes, la société moderne s’est émancipée de la tutelle religieuse et cléricale. Pour autant, la religion ne disparaît pas, mais est renvoyée au libre assentiment de l’individu dans un univers devenu pluraliste. Dans le passé, en période de chrétienté, naître et devenir chr& eacute;tien allaient ensemble. La foi se transmettait avec l’ambiance culturelle ; elle faisait partie des évidences communes. La doctrine se transmettait sous le régime d’un triple « il faut » : les vérités à croire, les commandements à observer et les sacrements à recevoir. Au contraire, avec l’avènement de la modernité, ce que la société transmet, ce n’est plus la foi, mais la liberté religieuse du citoyen. C’est le premier effet de la sécularisation : tandis que la société devient politiquement laïque, la foi religieuse passe dans le domaine des convictions libres et personnelles. Le christianisme lui-même a contribué d’ailleurs à cette émancipation de la société par rapport à la religion. C’est ainsi que Marcel Gauchet parle du christianisme comme « la rel igion de la sortie de la religion 1»

Mais on assiste aujourd’hui à une deuxième phase de la sécularisation : non plus seulement la sécularisation de la vie publique, mais la sécularisation de la vie privée elle-même. Ce sont les individus eux-mêmes qui, aujourd’hui, s’éloignent des formes héritées du christianisme parce qu’elles ne croisent plus leurs aspirations, parce qu’elles ne font plus sens, parce qu’elles sont devenues largement illisibles et même incroyables. On assiste, en effet, aujourd’hui, à une prise de distance massive des individus par rapport au christianisme institué. Les symptômes de la crise sont évidents : diminution du nombre de pratiquants, moins d’enfants catéchisés, crise des vocations sacerdotales et religieuses, communautés vieillissantes, etc. Les résistances par rapport à la foi chrétien ne sont multiples. J’ai coutume d’en repérer cinq :

- Dieu indécidable. C’est la position agnostique. On ne sait pas et on ne saura jamais si Dieu existe.

- Dieu incroyable, C’est la position d’une certaine conception de la science qui réduit le réel à ce qui est vérifiable.

- Dieu insupportable. C’est ce que ressentent tous ceux et celles qui se sont éloignés de leur éducation chrétienne parce qu’elle pesait sur eux comme un carcan dogmatique et moralisant qui ne les faisait plus vivre et dont ils se sont libérés pour grandir en humanité. La foi chrétienne apparaît pour eux comme un obstacle à leur humanité.

- Dieu indéchiffrable. La résistance consiste ici dans la difficulté de comprendre, face à l’étrangeté, la diversité ou la complexité des langages qui rendent perplexes.

- Dieu inclassable. Ici, c’est la question de Dieu elle-même qui se dissout. Elle tombe dans le non-lieu. On peut se passer de la question de Dieu et s’installer tranquillement dans une vie areligieuse.

Ces cinq résistances constituent peu ou prou ce qui est transmis en héritage aux jeunes générations. Elles constituent, comme pour nous-mêmes, d’ailleurs, ce qu’elles ont à traverser et à dépasser pour accéder à la foi d’une manière mûrie et personnelle.

1.2. La remontée des sagesses

Ce qui émerge de cette résistance à l’héritage chrétien, c’est, sous des formes neuves, le retour aux sagesses sans vérité transcendante, visant de manière pratique, le bien vivre aussi bien individuel que collectif, sans autre horizon que celui de la vie présente. Je rejoindrais ici volontiers l’analyse de Chantal Delsol dans son ouvrage « L’âge du renoncement ». Sa thèse est que l’on assiste aujourd’hui à la réinstauration de modes d’êtres et de pensée comparables à ceux qui précédèrent l’Occident chrétien et à ceux qui se déploient en dehors de l’occident chrétien, en particulier le bouddhisme. « Tout se passe, dit-elle, comme si l’humanité occidentale (c’est du moins vrai pour l’Europe) regagnait après un long éclair les pénates de l’homme de toujours. (…) L’effacement de la croyance en Dieu unique signale un retour, sous des formes neuves, aux mythes et aux sagesses qui ont structuré avant et ailleurs l’esprit des hommes2. » On assiste, dit-elle, à un véritable retournement de toute la vision de l’existence. La parenthèse des monothéismes se ferme et reviennent en puissance les sagesses, les manières d’être qui renoncent à la prétention de vérité, aménagent le monde du mieux que l’on peut, puisqu’il est notre seul sacré, complètement séculier cependant. Ces sagesses manifestent un équilibre subtil de stoïcisme, d’épicurisme et de panthéisme. Stoïcisme, parce qu’il n’y a pas d’au-delà à espérer et qu’il faut bien se résoudr e à la mort et aux limites du monde qui est le nôtre. Epicurisme, car, dans ces limites consenties, il existe néanmoins une voie de bonheur qui consiste à aménager autant que possible une vie heureuse et plaisante pour soi-même comme pour autrui et pour la société. Panthéisme enfin, au sens où il n’y a pas d’arrière-monde, ni d’au-delà, ni d’altérité qui le transcende, qui parle, appelle ou pourrait se révéler. Le monde, la nature est le seul réel qui nous soit donné. Il est silencieux et sans finalité. C’est nous qui l’habitons de paroles et de projets. Dans son ouvrage L’esprit de l’athéisme, André Comte-Sponville nous prévient. Il faut aimer davantage, mais espérer moins. « C’est l’amour non l’espérance qui fait vivre3 », écr it-il. Il convient dès lors de rabaisser nos prétentions de sens et d’abandonner nos espérances, en nous efforçant de vivre humainement, sans elles, dans le destin pragmatique de la vie ordinaire. Ainsi, la morale se substitue-t-elle à la religion et la sagesse à la foi.

1.3. Le christianisme tenu en respect, mis à distance et aussi à dépasser

Cette remontée des sagesses païennes n’est pas simplement un retour à un passé ancien. Ces sagesses d’aujourd’hui, en effet, ont appris de l’histoire ; elles se sont forgées dans le combat pour les droits de l’homme et se sont nourries de l’apport des sciences. Elles gardent aussi le souvenir du christianisme. Elles en reprennent les valeurs essentielles et, en ce sens, lui sont fidèles. Elles se montrent redevables et reconnaissantes à son égard. Elles lui manifestent même gratitude et respect. Comte-Sponville, par exemple, écrit ceci qui me semble symptomatique de notre époque : « Il m’arrive de me définir comme athée fidèle ; athée, puisque je ne crois en aucun Dieu ni aucune puissance surnaturelle ; mais fidèle, parce que je me reconnais dans une certaine histoire, une certaine tradition, une certaine communaut&eac ute;, et spécialement dans ces valeurs judéo-chrétiennes (ou gréco-judéo-chrétiennes) qui sont les nôtres4.»

Mais si les sagesses manifestent du respect à l’égard du christianisme, elles entendent aussi le « tenir en respect », c’est-à-dire le mettre à distance pour s’en protéger. Les sagesses d’aujourd’hui, en effet, gardent aussi en mémoire les dérives, les déviations et les perversions que le christianisme a manifesté tout au long de son histoire et dont le goût amer subsiste encore dans les consciences et jusque dans les corps. Ce goût amer a pour nom le dogmatisme, la tutelle cléricale, la prétention de savoir, la culpabilisation, le soupçon jeté sur le plaisir, la suprématie masculine, etc. Ces dérives n’apparaissent pas simplement comme accidentelles ou de circonstances, mais comme liées à la prétention de savoir qui n’est jamais loin de la volonté de puissance et de la violenc e. En ce sens, nos sagesses païennes entendent bien tenir à distance le christianisme, défendre la laïcité de la société et la protéger de toute puissance hégémonique. Davantage même, le christianisme apparaît comme un stade à dépasser, pour laisser place à une humanité moins ambitieuse peut-être puisqu’il n’y a pas d’au-delà, mais plus sereine, plus pacifiée et réconciliée. Chantal Delsol exprime bien l’enjeu de la situation où nous sommes : « C’est le monde du monothéisme, écrit-elle, qui se révèle une exception et nous sommes en train de nous soustraire à cette exception.(…) Cela n’indique pas que nous serions des monstres retournés à la barbarie. Nous sommes tout simplement en train de retrouver des référents plus re latifs, plus lâches et moins exigeants, de ceux dont tous les humains se sont saisis pour vivre en bonne intelligence avec leur monde.

Cette métamorphose qui ne nous prive ni de culture, ni de vie sociale ni de vie morale transforme cependant notre rapport au monde, avec une radicalité dont nous sommes loin de soupçonner encore l’ampleur et les conséquences 5.»

Même si tous nos contemporains ne se posent pas la question à ce niveau de radicalité, rencontrer la question est utile pour tous. Nous avons affaire à un changement de paradigme socioculturel. La situation est inédite. Aussi, sommes-nous appelés à la vivre avec humilité, audace et espérance, en nous disposant à opérer librement les changements nécessaires au sein de l’Eglise que la fidélité à l’Evangile pourra nous inspirer, pour apprendre du monde, pour y faire entendre la proposition chrétienne et la faire valoir d’une manière qui la rende audible et désirable par nos contemporains.

Père André FOSSION

 

1 Voir notamment, Marcel GAUCHET, La religion dans la démocratie, Gallimard, Paris, 1998.

2 Chantal Delsol, L’âge du renoncement, Cerf, Paris, 2011, p.8.

3 André Comte-Sponville, L’esprit de l’athéisme, Introduction à une spiritualité sans Dieu, Paris, Albin Michel,

2006, p.217.

4 Ibidem, p.42

5 Chantal Delsol, op.cit., p.128-129.

 

 

DEUXIÈME PARTIE

2.3. Vivre la charité d’abord !

 

En conséquence, la première mission des chrétiens est de vivre, eux-mêmes, dans l’esprit des béatitudes. Nous sommes tous et toutes redevables de l’amour qui vient de Dieu, qui est répandu dans les coeurs. Ceci nous invite à aimer de la même manière que nous sommes aimés. Dès lors, notre première mission de chrétiens est de rejoindre ce courant de charité qui existe dans l’humanité, qui nous précède, dont nous sommes redevables, et d’y prendre part autant que nous le pouvons, au nom même de notre foi. L’Eglise, en ce sens, est prioritairement « ordonnée » à la charité, au service, avec tous les hommes de bonne volonté, sans prosélytisme ni ecclésiocentrisme. Il s’agit ici tout simplement de faire grandir l’humanité, de participer à l’engendrement à la vie que Dieu donne et qui n’a d’autre voie que celle de l’amour et de la charité. En ce sens, la communauté des chrétiens est fondamentalement diaconale : « L’idée de service, disait Paul VI dans son discours de clôture du concile, a occupé une place centrale dans le Concile (…) L’Eglise s’est pour ainsi dire proclamée la servante de l’humanité (…) Toute sa richesse doctrinale ne vise qu’une chose : servir l’homme 11.» Cette diaconie est une manière aimante d’habiter le monde au nom de la grâce de Dieu manifestée en Jésus-Christ, gratuitement, sans autre fin que l’exercice humanisant, vivifiant, de la charité.

 

 

2.4. Faire de l’annonce un acte de charité dans le déploiement gracieux de la diaconie pour que la joie soit complétée.

 

Mais alors, si la foi chrétienne n’est pas nécessaire pour mener une vie joyeuse, sensée et généreuse, si la foi chrétienne n’est pas un chemin obligé pour être engendré à la vie de Dieu et avoir accès à son Royaume, a quoi sert-il encore d’annoncer l’Evangile ? Et pourquoi faudrait-il l’annoncer? Par charité. C’est l’amour de l’autre, en effet, qui nous presse d’annoncer l’Evangile. L’annonce est un acte de charité qui vient se greffer sur la diaconie comme son déploiement gracieux. Elle offre à l’autre, par amour, ce que l’on a de plus précieux que l’on puisse lui offrir. Si la foi chrétienne est radicalement non nécessaire pour être engendré à la vie de Dieu, elle est cependant radicalement précieuse, bonne et salutaire pour ce qu’elle permet de connaître, de reconnaître, de vivre et de célébrer. C’est l’amour de l’autre – comme aussi son droit à l’entendre – qui nous presse de lui témoigner notre foi. Non point pour qu’il soit sauvé - Dieu peut sauver sans cela -, mais pour qu’il goûte au bonheur, à la joie de se savoir aimé ainsi, comme fils et fille de Dieu, promis à une vie qui ne finira pas. Et cette reconnaissance est une grâce supplémentaire qui vient s’ajouter à la grâce d’exister ; cette reconnaissance transforme, transfigure l’existence. Elle est une véritable nouvelle naissance : « En Christ, dit Paul, vous êtes une créature nouvelle ». (2 Co, 5-17). L’effet de cette reconnaissance est la joie, ou plutôt un supplément de joie, autant pour le témoin qui propose la foi que pour celui qui y consent : « Ce que nous avons vu et entendu, nous l’annonçons afin que vous soyez en communion avec nous, et notre communion est communion avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ. Et nous vous écrivons cela pour que notre (votre) joie soit complétée12 » (1Jn 1,5-6).

 

 

2.5. Allier rigueur de la raison et style gracieux

 

Les résistances par rapport à la foi que j’ai notées plus haut et le défi que représente la montée des sagesses nous convainquent que la foi chrétienne n’est en rien facile. Elle n’est pas spontanée. Elle est et sera de plus en plus, dans le contexte qui vient, le fruit d’un travail personnel, d’une adhésion libre, mûrie et réfléchie. D’où, l’importance de la raison. Le pire, dans la situation présente, serait de s’installer dans la paresse intellectuelle, dans les discours tout faits, usés, convenus d’avance. L’exigence spirituelle, au contraire, est de consentir à un travail de la raison qui s’efforce de rendre la foi audible, intelligible, plausible pour l’homme contemporain dans son langage, sans chercher à le contraindre cependant. Car la proposition de la foi, tout en interpellant la raison, ne la contraint pas. La proposition de la foi n’oblige pas ; elle «donne à penser ». Elle allie, à cet égard, légèreté et gravité : gravité pour les questions qu’elle pose, légèreté aussi pour la liberté qu’elle donne. La proposition de la foi, en effet, ne pèse pas ; elle ne presse ni n’oppresse, mais s’offre à la libre reconnaissance tant de son bien-fondé pour l’intelligence que de son caractère salutaire pour la vie. En ce sens, le discours de la foi se déploie dans ce double espace de plausibilité et de désidérabilité. Aussi, concernant la transmission de la foi, nous faut-il, abandonner tout imaginaire de puissance et de pouvoir. Un nouveau croyant sera toujours une surprise et non le produit de nos efforts. Si la foi se transmet, certes, c e n’est point sans nous, sans notre concours.

 

Pourtant, nous ne sommes pas les auteurs de cette transmission. C’est l’homme dans sa liberté qui est capable de Dieu ; « homo capax Dei ». Et c’est Dieu, lui-même, qui n’est pas éloigné de lui. « Dieu n’est pas loin de chacun d’entre nous » (Ac 17,22), disait Paul à l’aréopage des Athéniens. « L’Esprit Saint est l’agent principal de l’évangélisation », nous rappelle Paul VI dans Evangelii Nuntiandi (§75). C’est dire que nous n’avons pas le pouvoir de transmettre la foi. Mais notre apport propre est de veiller aux conditions qui la rendent possible, compréhensible et désirable. L’action pastorale, effectivement, ne consiste pas à communiquer la foi – ce qui n’est pas en notre pouvoir – mais à la rendre possible, à la faciliter, à en lever les obstacles. « Je suis d’avis de ne pas accumuler les obstacles devant ceux des païens qui se tournent vers Dieu » (Ac 15,19), disait l’Apôtre Jacques à l’issue du Concile de Jérusalem.

 

C’est pourquoi l’énoncé de la foi, aussi rigoureux soit-il, est-il appelé conjointement à se mouler dans un mode d’énonciation que l’on peut qualifier de gracieux. Le témoignage rendu à la grâce de Dieu touche aussi à la manière de l’énoncer. Rappelons-nous, à cet égard, la phrase de Pierre : «Soyez toujours prêts à rendre raison de l’espérance qui est en vous, mais que ce soit avec douceur et respect » (1Pi 3,15-16) Paul VI souligne aussi dans Evangelii Nuntiandi cette exigence du respect des personnes : « Respect de la situation religieuse et spirituelle des personnes qu’on évangélise. Respect de leur rythme qu’on n’a pas le droit de forcer outre mesure. Respect de leur conscience et de leurs convictions, à ne pas brusquer »(§ 79). Ainsi rendre raison de la grâce de Dieu implique que le processus d’énonciation soit lui-même gracieux. Comment caractériser ce style gracieux? Le champ sémantique très riche du mot « grâce » peut nous y aider. Il comporte les notions de gratuité comme dans « gratis », mais aussi de reconnaissance comme dans « gratitude ». Il comporte la dimension de pardon comme dans « gracier ». Il est lié au plaisir et au bonheur comme dans « agréable, agrément ». Il est lié à la beauté comme dans « gracieux ». Il porte encore la mention de douceur, de non violence et de vulnérabilité comme dans « gracile ». Le style gracieux de la proposition de la foi rassemble tous ces traits de gratuité, de gratitude, de pardon, de plaisir, de beauté et de douceur. Et ce style gracieux de la proposition de la foi est lui-même expressif de la grâce de Dieu qui s’y trouve énoncée.

 

Je termine ici mon deuxième point. Il s’agissait de préciser les traits d’une spiritualité missionnaire, c’est-à-dire d’une manière d’être en pastorale ou si l’on veut d’un style. Cette spiritualité est appelée à animer l’action pastorale.

 

11 Paul VI, op.cit.

12 « Complétée » , en effet, plutôt que « complète », car le texte grec de l’épître mentionne …

 

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