TABLEAU DE LA RESURRECTION

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Tableau de la résurrection (Marlène Sadran).

La XVème station

 

COMMENTAIRES CONCERNANT LE TABLEAU DE LA RESURRECTION

 

A la suite du vol d’un tableau du chemin de croix, celui de la « Résurrection », dans l’église Notre-Dame de Salleboeuf, le Conseil Paroissial a demandé à plusieurs peintres de la région de proposer une ébauche afin de remplacer ce tableau manquant.

 

C’est la peintre Marlène Sadran qui s’est le plus investie dans ce projet et qui a été retenue : l’église de Sallebœuf  lui a donc commandé ce tableau ayant pour thème :

« La résurrection du Christ » 

 

N’étant pas pratiquante, elle a pris de temps de parler avec quelques personnes de la paroisse pour savoir ce que nous « entendions » par la «  Résurrection du Christ », à quoi cela nous faisait penser.

Puis, en fonction des notes que lui a envoyé le Conseil Pastoral, la Peintre a réalisé ce tableau en se servant des notes prises lors de ses très courts entretiens avec les personnes rencontrées.

 

C’était très émouvant de retrouver dans la peinture ce qu’untel ou unetelle avait pu partager de sa foi avec elle et donc ce qu’elle avait elle-même découvert et retenu de notre foi en Christ et en l’Eglise.

 

C’est au matin de la résurrection et dans ce tableau, il y a beaucoup de détails qui parlent :

(Ceci est décrit avec des mots simples du quotidien qui expriment le « ressenti » des personnes interrogées et non avec des mots savants et compliqués qui définiraient une foi théologiquement parfaite)

 

01 - Jésus tient le « Pain de vie » pour signifier qu’Il a donné son corps, sa vie pour nous :

(Prenez, mangez, ceci est mon corps. Matt 26, 26)

 

02 - Il fait le geste de la main droite qui signifie en langage iconographique : « Vrai Dieu et vrai Homme »

Il est à noter que le regard de Jésus est peint de façon à ce que Son regard nous « suive » et ce quel que soit notre positionnement face au tableau.

 

03 - Jésus porte les marques de la Crucifixion car la Résurrection ne les a pas « gommées » puisque c’est le même corps qui est mort, qui est descendu aux enfers et qui est ressuscité puis qui va ensuite entrer dans la Gloire.

La résurrection n’abolit pas la croix mais la transfigure.

Marques de la couronne d’épines, marques des clous aux poignets et aux pieds ainsi que la marque du coup de fer de lance donné sur le côté. (Luc 19, 31)

 

04 - C’est pour cela que la Peintre a mis dans une sorte de « nuage de brume éclairé d’étoiles » l’épisode de la Transfiguration vécue sur la montagne (Matt 17,1) qui annonçait en filigrane cette Résurrection, « Transfiguration Finale » enfin accomplie.

Les chaussures ont été ôtées sur cette terre où Dieu se manifeste, ouverture mystérieuse sur un monde nouveau, inconnu, qui dépasse l’entendement de Pierre, Jacques et Jean, témoins de cet événement incroyable dans la nuée :

« Celui-ci est mon Fils bien aimé, écoutez-le. »

 

05 - Il y a, en bas à droite du tableau, deux anges : celui de l’Ancien Testament qui a accompagné les gens dans le passé, en les guidant et celui du Nouveau Testament qui est en orange (couleur vive de vie pour la Peintre) et qui, bras levé pour proclamer et « pousser comme un souffle de vie »,  nous regarde aujourd’hui dans notre présent.

Ces anges symbolisent cette proximité entre le ciel et la terre, cette union entre le visible et l’invisible, cet accomplissement des Saintes Ecritures de la Bible Hébraïque dans la Résurrection du Christ.

 

06 – En bas à gauche il y a les marches du tombeau dont le Christ est sorti vainqueur et le linceul abandonné dans ce même tombeau et tâché d’un orange léger (couleur de vie).

Ce qui frappe, c’est la grande sérénité sur les visages des femmes et des apôtres, témoins de cet « invisible » de la Résurrection. C’est une grande Paix, presque de la Joie, même s’ils ne comprennent pas trop bien le Mystère de ce qui vient de se passer, ce triomphe de la Vie en Plénitude alors qu’ils pleuraient un crucifié.

 

07 – Au-dessus du Christ un ciel de petit matin, mais aussi un ciel « rose », un ciel d’espérance.

Espérance, Promesse écrite sur ce visage confiant et paisible du Christ, malgré les signes du couronnement d’épines encore visibles sur son front.

 

08 – Sur le bâton du pèlerin, de celui qui va se mettre en marche à la suite du Christ ressuscité, il y a un petit oiseau. C’est surprenant mais ce petit oiseau (qui ressemble à un rouge-gorge mais qui n’en n’est pas un), est un petit oiseau au plumage orangé (couleur de vie) qui chante le premier le matin dans la région de Soulac d’où est originaire Marlène Sadran.

Il annonce le matin qui se lève, la vie qui se réveille.

 

09 – En haut à gauche, le Pape. Anachronisme frappant mais qui signifie que l’Eglise est apostolique depuis St Pierre jusqu’à nos jours.

Témoins d’hier et témoins d’aujourd’hui pour une même proclamation : Christ est ressuscité des morts.

 

10 – Marie, Mère de Jésus, qui montre son fils, comme elle le présente dans l’imagerie catholique, mains ouvertes, pour indiquer que c’est vers Lui que nous devons tourner nos regards.

 

11 – Marie-Madeleine avec une carafe d’huile et d’onguents pour embaumer le corps du Christ, qui sourit, apaisée : elle a « retrouvé » le corps de son Seigneur bien-aimé sur les pieds duquel elle avait versé son parfum le plus cher. (Matt 26, 6)

Huile de vie aux couleurs de résurrection, symbole de l’huile chrismale.

 

12 – On peut reconnaître St Jean, le plus jeune des apôtres, le « disciple que Jésus aimait », la main sur le cœur. (Jean 20, 2) 

 

Texte envoyé à Marlène SADRAN, à la commande du Tableau, par le relais pastoral

La bible nous présente Jésus ressuscité (mais elle ne nous montre pas Jésus ressuscitant.)

**L’apparition à Marie de Magdala (Jn 20, 11-18) Elle pleure près du tombeau vide, tournée vers le passé, elle ne reconnaît pas Jésus qui l’interpelle. Il lui faudra se retourner, changer de perspective et entendre celui qui l’appelle par son nom pour reconnaître le Vivant. Ici les femmes sont les premières à rencontrer le Ressuscité. Les femmes en ce qu’elles sont plus proches de la vie…

**Jésus ressuscité sur le chemin d’Emmaüs, (Luc 24, 13-35) : « Notre cœur n’était-il pas tout brûlant au de dans de nous, quand il nous parlait en chemin, quand il nous expliquait les Ecritures ? »v.32
La rencontre ne se fait pas dans la rencontre visuelle mais au plus profond de l’être…

**Apparaissant soudain au milieu des apôtres : (Luc 24, 36-43) : « La paix soit avec vous ! »
L’apparence physique les trouble, il n’est pas reconnaissable.
« Saisis de frayeur et de crainte, ils pensaient voir un esprit. Mais il leur dit : « Pourquoi tout ce trouble, et pourquoi des doutes montent-ils de vos cœurs ? Voyez mes mains et mes pieds ; c’est bien moi ! Palpez-moi et rendez-vous compte qu’un esprit n’a ni chair ni os, comme vous voyez que j’en ai. »
La rencontre de Jésus est celle du crucifié, la croix n’est pas abolie, il porte dans son corps la marque des blessures. Ce Dieu reste marqué par le mal du monde. Il ne l’a pas fuit, il l’a pénétré de tout son être qui est l’Amour. Il est la Lumière au cœur de toutes ténèbres, et c’est là que la croix devient l’arbre de Vie. Il a planté sa victoire en plein cœur de nos ténèbres. Il est venu habiter le monde et clouer la haine sur le bois de la croix.

**Jn 20, 19-23 même récit « les disciples furent remplis de joie à la vue du Seigneur ; il leur dit de nouveau : « Paix à vous !  Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. » Ayant dit cela il souffla et leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. » …
Rencontrer le Ressuscité c’est entrer dans le dynamisme du disciple, de l’envoyé, sous le souffle de l’Esprit Saint.
C’est aussi faire l’expérience d’un engendrement à la vie de Dieu : Jésus, en mourant, nous donne sa Vie divine, il nous fait entrer dans un mystère d’engendrement… Cette rencontre engendre la personne, engendre la communauté, c’est ce qui se réalisera à la Pentecôte.

Ca doit se voir, quelque chose dans le visage : «  Et nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme en un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transfigurés en cette image, allant de gloire en gloire par le Seigneur qui est l’Esprit… » 2 Co 3, 18

Donc, nous ne souhaitons pas un Christ sortant du tombeau. La pierre roulée est  signe plus que le tombeau vide. Pas un Christ seul, mais celui qui se révèle à quelqu’un. Victoire de la lumière sur les ténèbres. Un souffle d’espérance qui passe par Jésus le Christ venu sauver tous les hommes en communion avec le Père et l’Esprit Saint.


Dany CHOTEAU à Salleboeuf le 17 mars 2002

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