Saint Martin Bonnetan et de Pompignac par Germaine

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Saint Martin de Pompignac et Bonnetan, 'Petite histoire des grands saints patrons de nos églises' par Germaine Courau

Saint Martin de Bonnetan et Pompignac

 

Né en 316 en Hongrie et comme Hilaire, de parents païens, comment est-il devenu le patron de la ville de Tours et des dynasties royales depuis les rois francs jusqu'aux Capétiens ? La destinée de certains nous émerveille bien souvent !
 

Son enfance se passe en Italie, où son père militaire est en garnison, et déjà à dix ans, il souhaite devenir chrétien. Mais il est enrôlé de force à quinze ans dans l’armée, ce pour vingt cinq ans, et commence pour lui une vie de renoncements successifs.
On connaît cet épisode de sa vie : il a dix-huit ans. A Amiens, un jour d'hiver il partage son manteau et en couvre un pauvre transi. La nuit suivante le Christ lui apparaît vêtu de ce même manteau.

 

On peut s'étonner de ce qu'il n'en donne que la moitié : mais dans l'empire romain les militaires payaient la moitié de leur équipement, il a donc offert la moitié qui lui appartenait ! Un jour à l'aumônerie, j'ai dû répondre à cette question d’un jeune facétieux : "La moitié, d'accord, mais côté boutonnières ou côté boutons ?" Facétieux, non ?

 

Lui qui rêvait d'une vie contemplative et dont les modèles étaient les ascètes orientaux, assura dans sa plénitude la charge épiscopale qui lui fut confiée et cela dans une grande humilité.
Grâce à Hilaire il put enfin satisfaire sa vocation en s'installant dans un ermitage à Ligugé, où des disciples vinrent le rejoindre. Il fonda ainsi un centre de préparation au baptême qui deviendra la première communauté monastique attestée en Gaule. C'est depuis Ligugé qu'il entreprend ses voyages missionnaires à travers les campagnes gauloises, ce qui lui valut d'être considéré comme le Saint français par excellence. Il accomplit de très nombreux prodiges.

 

Ses premiers miracles : il ressuscite un catéchumène et un jeune esclave, fait parler une muette de naissance. A Amboise un orage déchaîné, à sa prière, abat une tour consacrée à un faux dieu. A sa place il construira une église."Il converse familièrement avec les saints et les anges», ce qui n'arrive pas à n'importe quel quidam ! Exemples pris parmi des quantités.

 

Dans le diocèse et dans les environs, de très nombreux disciples choisissent, comme lui, la vie de prière : deux mille moines et moniales assistent à ses funérailles.

 

Depuis le milieu du VII° siècle, les souverains mérovingiens, puis les carolingiens, conservaient dans leur oratoire le manteau de Saint Martin dénommé dans les textes contemporains "capella". Le terme de capella en vint à désigner l'oratoire royal, puis s'appliqua à tous les oratoires, donnant naissance au mot "chapelle" 
 

Il fut tout le long de sa vie en butte aux contradictions, ingratitudes etc… de toute sorte de la part du monde de l'église comme du milieu temporel, ce qui lui permit d'accéder à "la sainte indifférence." Et pourquoi pas le rejoindre là ?

 

En 1918 beaucoup ont rendu grâce au saint national pour la victoire que consacrait l'armistice signé le 11 novembre, jour de la saint Martin. C'est que patron des souverains, Martin a toujours été en même temps un saint vénéré par tous, ainsi que l'attestent quelques données : prés de cinq cent villages portent son nom, et prés de quatre mille églises sont placées sous son vocable ! Sans compter que le patronyme de Martin est le plus courant en France !
 

Saint Martin est fêté le 11 novembre.

 

Germaine Courau

22 mars 2010

(NB : Vitrail de l'église de Pompignac)

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