Souvenir d'une église flambant neuve

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L'abbé Ramondou entre en 1953 dans l'église d'Artigues entièrement rénovée.... Souvenirs, souvenirs....

Une église flambant neuve à Artigues

 

Un dimanche de printemps 1953…

Les fidèles sont déjà rassemblés dans l’église d’Artigues flambant neuve.

Une voiture s’arrête devant le porche. Un vieux prêtre en descend. Soutenu par les occupants de la voiture, le petit homme à la soutane usée, d’un pas hésitant, entre sous le porche.

Des paroissiens viennent saluer celui qui a été leur curé pendant plus de quarante ans, l’abbé Ramondou. Ils l’aident maintenant à descendre les quelques marches dangereuses qui introduisent dans la nef. Et chacun de trembler : que va dire le saint homme ? Lorsqu’il a quitté son église, voici quelques années, elle était sombre ; les murs revêtus d’un plâtre sali par le temps étaient couverts de statues vétustes. Du plafond, tombaient de vieux lustres à l’éclat terni.

Aujourd’hui, elle est éclatante de blancheur : on la croirait sortie des mains qui l’ont  édifiée dans les année qui ont suivi l’An Mille. Un miracle de beauté.

Que va dire le saint homme ? Il prend place dans le chœur, légèrement incliné vers la gauche « comme la tête de Jésus sur la croix », et d’une voix puissante, le voici qui chante la beauté retrouvée de sa chère église. Les paroissiens sont ravis.

On lui explique que le « miracle » est dû à la générosité du plus humble au plus aisé des paroissiens de ces années où Artigues était un village de quelques 700 âmes. Pas un centime n’a été sollicité de l’archevêché ou des Monuments Historiques. Il est dû aussi, surtout, à la compétence d’entrepreneurs artiguais :

- La rénovation des murs, la mise en place de l’autel de pierre et le dallage du chœur, aux maçons père et fils Rubiés ;

- La restauration du plafond, d’abord débarrassé du faux plafond en plâtre, puis lorsque le beau berceau en bois apparut, nettoyé et peint à l’huile de lin par le peintre René Lacomère ;

- Les confortables bancs au menuisier Capdefer ;

- La grille du tabernacle au vieux père Arnaud, garagiste au Poteau d’Ivrac mais aussi ferronnier d’art.

Des mois de travail, de collaborations avec des hommes de l’art. Une belle aventure. 

Et désormais, à quelques kilomètres de Bordeaux, ce joyau de l’art roman dans sa pureté retrouvée, accueille les paroissiens d’Artigues ou des chrétiens d’autres paroisses, et des promeneurs en quête de recueillement.

Entrés dans l’église, ils sont accueillis par Saint Pierre sauvé des eaux par la main auréolée de puissance de Jésus ; puis par Zachée découvert par le Galiléen dans l’arbre où le petit homme s’était caché pour mieux le voir ; enfin Marie, son enfants dans les bras portant dans une main aux dimensions de son amour, immense, la terre où un jour sera planté sa croix.

Entrer dans une église est toujours un appel à faire une rencontre.

Ici, dans la beauté.

J.P.

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